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GAZA - état de siège

De rêveurs, Ezzeddine Qalaq et les affiches révolutionnaires de Palestine

par Rasha Salti – Manifesta
08-01-2013

Ezzeddine Qalaq est né en 1936, dans un village près de Jaffa. Avec la Nakba, sa famille est déplacée dans un camp de réfugiés en Syrie, près de Damas. Il étudie la chimie à l’université de Damas, rejoint le Parti communiste et passe un bref séjour en prison pour activités subversives. Il voyage en Arabie saoudite et y travaille pendant près de deux ans comme professeur. Il part pour préparer un doctorat ès lettres, sa véritable passion, à l’université de Poitiers, en France. C’est là qu’il rejoint la branche de l’Union générale des étudiants palestiniens, et qu’il s’y distingue, un chef naturel est né. Yasser Arafat le nomme représentant de l’OLP en France une fois qu’il a réussi son doctorat, et il s’installe à Paris en 1973. Le 3 août 1978, Qalaq est assassiné avec son confrère, Adnan Hammad, dans l’explosion d’une bombe dans son bureau à Paris. Telle est, brièvement, sa biographie en style wiki.

Constitution en cours d’une exposition virtuelle. Affiches de la Révolution palestinienne.


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Ezzeddin Qalaq en France,
photo fournie par Claude Lazar

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Le 14 mai 1948, le mandat colonial britannique prend fin officiellement, ce qui reste de son personnel administratif et militaire est évacué, mais la guerre entre les groupes, factions et milices sionistes armés et les combattants palestiniens de la résistance, appuyées par les armées arabes, a éclaté bien plus tôt. Un armistice est négocié en 1949, qui définit les frontières de l’Etat d’Israël et des territoires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, administrées respectivement par les armées jordaniennes et égyptiennes. Durant la guerre de 1948, on estime à 800 000 le nombre de Palestiniens expulsés de leurs foyers, villages et villes du territoire qui sera considéré, et reconnu internationalement, comme Israël. Ces réfugiés sont installés dans des camps, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, mais aussi dans les pays arabes voisins, à savoir la Jordanie, le Liban et la Syrie.

Si la Nakba désigne le choc et l’horreur de la défaite militaire et de la perte de la patrie en 1948, elle va signifier aussi, dans la décennie qui va suivre, une longue expérience d’humiliations, de dépossessions et de difficultés. En 1952, l’Union générale des étudiants de Palestine (GUPS) est créée et s’étend très rapidement à travers les campus universitaires dans le monde arabe, en Europe et aux États-Unis. Une représentation politique éparpillée et dénuée de droits, une population dispersée et misérable, risquent de faire passer sous silence, de marginaliser et d’annuler respectivement le droit de la Palestine à l’existence, la possibilité pour les Palestiniens de rentrer chez eux, ainsi que leur droit à l’autodétermination et à la souveraineté. Le GUPS s’investit activement dans la défense de ces droits fondamentaux, et dans toutes les sphères publiques auxquelles il a accès.

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En 1964, à la réunion de la Ligue arabe au Caire, l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a été créée et mandatée pour libérer la Palestine par la lutte armée. Celle-ci se fonde sur l’existence de la Palestine et le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Dotée d’une charte, elle englobe tous les mouvements politiques qui ont émergé alors en Cisjordanie, à Gaza et dans la diaspora, de même que les dirigeants et personnalités qui prévalaient avant la Nakba. Une décennie plus tard, en 1974, le président de l’OLP, Yasser Arafat (dont la présidence a duré de 1969 à 2004) est reçu à l’Assemblée générale des Nations-Unies, qui reconnaît ainsi l’organisation comme organisme politique officielle représentant les Palestiniens dans le monde.

Le résultat global de la guerre de 1967 entre les États arabes et Israël est une défaite, que les populations arabes vivent comme une humiliation et qui s’est par la suite atténuée en un désenchantement durable, profond et général. L’OLP ne peut se permettre d’en assumer la charge cependant. Dans le milieu des années soixante, elle installe des camps d’entraînement en Jordanie et lance des opérations commandos en Israël. En 1969, les conflits entre la monarchie jordanienne et l’OLP conduisent à une escalade d’affrontements armés à grande échelle qui aboutissent à la réinstallation du quartier général de l’OLP au Liban, pays d’accueil de la deuxième plus importante population de réfugiés, et ayant des frontières communes avec Israël.

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Quelques cadres influents de l’intelligentsia de l’OLP comprennent très tôt que la lutte politique est autant militaire que discursive. Qalaq est l’un des plus éloquents et enthousiastes de ces militants de haut niveau. L’OLP est structurée de façon à fonctionner comme un gouvernement en exil, avec de nombreux organismes exécutifs et législatifs, un texte constitutionnel, un haut commandement, de même qu’une direction militaire et une autre civile. A la place de ministères, elle crée des départements. Le premier défi est de représenter et communiquer avec sa propre circonscription, dispersée à travers les camps de réfugiés, dans les villes, et sous occupation israélienne. Le deuxième défi est de communiquer avec le monde, pour légitimere son récit et mobiliser des soutiens.

En 1965, le département des Arts et de la Culture nationale est créé et dirigée par Ismael Shammout, artiste palestinien qui a étudié l’art au Caire et à Rome, et arrive à Beyrouth en 1965. En plus de sa position dans l’OLP, il est élu premier président de l’Union des artistes palestiniens (1969) et de l’Union des artistes arabes (1971). L’épouse de Shammout, Tamam al-Akhal, également artiste, dirige la section Arts et Patrimoine qui organise une exposition de vêtements et d’artisanats traditionnels, qui aura tourné dans dix-sept villes d’Europe à la fin des années soixante-dix. Tout au long des années soixante-dix, Shammout et al-Akhal organisent différentes expositions dans la Galerie Al-Karama, un espace pris en charge par l’OLP pour exposer l’art. En plus, le Bureau de l’information unifiée et de la culture est remarquablement actif en productions et soutiens d’activités culturelles et artistiques. Sa section Arts graphiques encourage la production d’affiches ; l’Institut du Cinéma palestinien produit des films documentaires ; les autres arts incluent la danse folklorique, le théâtre et les arts populaires. La section Arts plastiques assure les artistes palestiniens en rémunérations et fournitures et organise des expositions à Beyrouth, dans les villes arabes et le reste du monde : l’« Exposition d’affiches palestiniennes – 1967 – 1969  » à Beyrouth, l’exposition des « Artistes palestiniens » à Oslo, Norvège, 1980, et encore l’ « Exposition d’art de la résistance palestinienne » au musée de l’Art contemporain de Téhéran, en 1980. Et la dernière, mais pas la moindre, l’ « Exposition d’Art international en solidarité avec la Palestine » à Beyrouth en 1978.

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La nouvelle classe politique, comme l’intelligentsia qui a émergé de l’OLP, est puisée dans les réfugiés et la diaspora. Tant son univers politique que ses aspirations sont autant motivés par leur expérience d’humiliations que par la ferveur révolutionnaire libérationniste qui a balayé la région (Algérie, Égypte, Iraq, etc.) et le reste du monde (Cuba, Chili, Vietnam). Depuis le milieu des années soixante jusqu’au début des années quatre-vingt, la question de la Palestine et la lutte pour la libération sont énoncés comme des projets révolutionnaires avec l’objectif de vaincre l’État colonialiste d’Israël, de secouer les régimes arabes bourgeois complaisant avec l’ordre dominant. Ainsi, la révolution palestinienne est perçue et vécue comme un projet profondément transformateur qui veut restaurer la justice, la dignité, l’égalité et la souveraineté dans le monde arabe. En d’autres mots, la Palestine devient une métaphore qui cristallise les aspirations à une vie digne pour les jeunes militants du monde arabe.

Bientôt, l’OLP attire une nébuleuse d’artistes et d’intellectuels dissidents, doués et novateurs à Beyrouth. Les artistes et poètes contribuent à la production d’affiches (la liste est impressionnante et comprend certains des d’artistes et de poètes les plus célèbres du moment). A leur tour, les artistes découvrent le domaine institutionnel de même que les ressources pour innover et expérimenter. Les « lignes rouges » sont remarquablement délaissées (à l’inverse de plusieurs autres révolutions) et il y a un public massif mondial à conquérir. Et l’éventail des expérimentations, diversités et de la créativité des affiches palestiniennes est ahurissant. Il est resté sans précédent dans le monde arabe, et remarquable à l’échelle mondiale.

L’exploit génial de Qalaq est de considérer la représentation et l’agence comme les pierres angulaires de la pratique politique et artistique à la fois. Il mobilise les artistes et les intellectuels pour façonner une représentation et un récit des Palestiniens qui cristallisent leurs aspirations et l’image d’eux-mêmes. Il inspire aussi des artistes européens qui voient dans la Palestine un miroir de l’injustice du monde. Il réalise que les moyens les plus efficaces pour lutter contre la dispersion traumatisante des Palestiniens en préservant leur sentiment de peuple, de même que leur culture et leur art. Si les foyers sont perdus, le vécu poétique d’avoir eu une maison reste vivant ; si la terre est soustraite à la vue, son imagination visuelle reste visible et sous des formes multiples ; si la citoyenneté lui est déniée, alors en tant Palestinien, citoyen du monde, il prospère.

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« Sans lui, ce collectif n’aurait jamais le jour ; il nous a aidé à obtenir des accréditations, (il) a encouragé nos initiatives, facilité les évènements et les actions, et nous a fourni ce dont nous avions besoin. Il nous a conseillés, tout en respectant la recherche personnelle de chacun. Il n’a pas hésité à critiquer les images stéréotypées et banales, et il était strict sur la signification politique de notre travail. Par exemple, il m’a demandé une fois de concevoir une affiche sur le thème "Le sionisme est une forme de racisme et de discrimination", et je lui avais donné l’étoile de David en fil de fer barbelé ; et il m’a expliqué que d’employer ces éléments pourrait conduire à une interprétation erronée, (car) il était contre l’usage de symboles religieux pour se référer au sionisme ».

Qalaq est aussi l’un des cadres de l’OLP les plus actifs dans la production, la diffusion et la circulation des affiches. Si l’ensemble de l’affiche palestinienne est considérée comme une machine de propagande du mouvement politique, sa caractéristique la plus étonnante est la mesure dans laquelle sa production est détachée d’un dogme et ses articulations proches de l’expérience quotidienne des réfugiés, comme de la mémoire collective. L’une des raisons en est que ces artistes et ces propagandistes sont eux-mêmes des enfants des camps de réfugiés et pas d’une intelligentsia élitiste déconnectée socialement du « peuple ». Les affiches sont une plate-forme interpellatrice pour la circonscription de la révolution. Elles sont produites à une époque où la télévision relève de la portée exclusive des États-nations et n’est pas hors du ressort du cadre extraterritorial de l’OLP. Les affiches sont légères, peu coûteuses, faciles à diffuser et incroyablement communicatives.

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Il y a un premier l’impératif, fournir les générations de réfugiés dans tous les pays où ils ne peuvent « voir » physiquement la Palestine, avec des images de leur patrie. L’autre impératif est de démystifier l’allégation sioniste qui prévaut selon laquelle la Palestine est « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », comme avancée par Golda Meir (Premier ministre d’Israël de 1969 à 1974). Cette déclaration ou « représentation » dénie aux Palestiniens le droit d’exister. L’État israélien se réfère systématiquement aux Palestiniens en parlant de population « arabe  » de Palestine, avec l’objectif explicite de « normaliser » la fusion des réfugiés palestiniens au sein des sociétés arabes d’accueil, sapant leurs discours et actions pour le droit au retour et à récupérer leur patrie. Les affiches représentent explicitement le peuple de Palestine et la myriade de manières dans lesquelles ils appartiennent à leur terre. Ainsi, par exemple, les oranges de Jaffa labellisées dans le monde entier comme un produit « israélien » sont récupérées comme un symbole natif de Palestine ; ainsi pour les oliveraies de Galilée. La robe folklorique traditionnelle palestinienne est reproduite dans ses versions plurielles comme la marque d’un symbole national de l’identité palestinienne.

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Les révolutions inventent le monde et réinventent leurs peuples. Les Palestiniens sont passés de paysans à révolutionnaires, de victimes sans défense à hommes et femmes de courage façonnnant leur propre avenir malgré tous les obstacles insurmontables dressés devant eux.

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Les affiches jouent un rôle dans la propagation de l’histoire nationale de la Palestine, ripostant à l’allégation sioniste selon laquelle celle-ci n’a jamais exité, ou qu’elle est « mort-née » en 1948. Dans le même temps, les affiches enregistrent une mémoire collective transmise oralement, et forgent les évènements importants comme des étapes que les réfugiés ont vécues de première main. Le 15 mai, jour où Israël fête son indépendance, a été baptisé alternativement le « Jour du Martyr » et le « Jour de la lutte palestinienne », geste qui célèbre le courage et la ténacité des Paletiniens en dépit de leur catastrophe, et leur tentative d’inverser le lourd sentiment défaitiste de perte et d’humiliation.

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L’une des étapes importantes de la révolution palestinienne est un affrontement armé qui a eu lieu entre un commando palestinien et l’armée israélienne, dans le village d’al-Karama en Cisjordanie occupée, en 1968. Alors que les Palestiniens se battent jusqu’au dernier homme et subissent des pertes, la bataille est remarquable parce que le bataillon de l’armée israélienne a lui aussi de lourdes pertes, et il bat en retraite, laissant sur le champ de bataille ses chars d’assaut calcinés et les corps de ses soldats tués. Le lendemain matin, les journaux publient les photos qui provoquent une onde de choc à travers le monde arabe ; pour la première fois depuis l’humiliante défaite de 1967, l’espoir et la dignité sont rendus à la révolution palestinienne. Des milliers sont galvanisés et se portent volontaires pour combattre aux côtés des Palestiniens. En outre, par un étrange coup du sort, en arabe, « al-karama » signifie « dignité » : la bataille et sa double signification deviennent en fait un mythe de base dans la révolution palestinienne. Énormément d’affiches sont produites pendant les années qui suivent commémorant la bataille d’al-Karama.

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Une autre date importante est marquée par le 30 mars 1976, quand les Palestiniens vivant en Israël manifestent contre la confiscation de leur terre à Sakhnin, en Galilée, et sur lesquels tire l’armée israélienne. Six sont tués et d’autres grièvement blessés. L’information se propage et déclenche de nouvelles protestations chez les Palestiniens du monde entier. L’OLP institue le 30 Mars, « Jour de la terre » et fournit les affiches à chaque commération.

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Les affiches sont aussi utilisées pour dénoncer les massacres, les agressions et les crimes de guerre perpétrés contre les Palestiniens depuis le début de leur lutte contre la colonisation juive de la Palestine sous le joug colonial britannique. D’inscrire les actes de violence dans un enregistrement en série, en les identifiant publiquement comme des crimes, est un remarquable remède à l’indifférence des médias à l’égard de détresse des Palestiniens, de même qu’une manifestation de reconquête de l’agence.

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Toute révolution a ses héros. La révolution palestinienne identifie les combattants tombés en luttant, les intellectuels et dirigeants assassinés comme des héros-martyrs ; ils sont intégrés dans l’histoire populaire, iconisés, mais rarement idolâtrés. Les affiches de martyrs deviennent très vite un genre en elles-mêmes, évoluant de simple photo-portrait du martyr, avec son nom, la date de sa mort et un slogan politique, à une composition visuelle complexe, expressionniste ou abstraite, avec un verset poétique remplaçant le slogan.

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Le combat palestinien pour la liberté est connu en arabe sous le nom de « fida’i » (au pluriel, fida’iyyin ou fidayyin). Il fait don de sa vie pour défendre son peuple et sa terre, laver l’humiliation de victime passive, corriger l’injustice historique dont il est frappé. D’un point de vue sémiologique, le mot a été attribué à l’origine au Christ, martyr par excellence. L’utilisation moderne du terme pour désigner les insurgés palestiniens est consacrée dans un poème publié durant la Grande Révolte de 1936, le soulèvement populaire contre le joug du mandat colonial britannique. La révolution palestinienne est aussi une guerre du peuple, et les fedayyin sont de ces gens ordinaires. Intrépide et tenace, le fida’i est à la fois anonyme et épique. Il couvre sa tête d’un kuffiyyah pour s’infiltrer dans les lignes ennemies sans révéler son identité personnelle. Les affiches célébrant les fidayyin veulent démystifier les représentations négatives des combattants en tant que terroristes, et mobiliser les générations à l’appel du champ de bataille.

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Les organisations politiques palestiniennes ont également été confrontées à un énorme défi, celui d’une perception évolutive de leur révolution en Occident. Dans les grands médias, les Palestiniens sont au mieux, des réfugiés sans défense et au pire, des terroristes impénitents. La cause palestinienne trouve un terrain amical de solidarité chez les mouvements anticolonialistes, anti-impérialistes. En règle générale, ils s’articulent sur deux thèmes : la dénonciation des crimes israéliens commis contre les Palestiniens (occupation militaire, expulsions arbitraires, arrestations, assassinats, massacres, bombardements, etc.) et la droiture de la révolution.

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La révolution palestinienne fascine les cœurs et les esprits de l’intelligentsia progressiste et militante dans le monde arabe, la Palestine devient une métaphore pour un monde arabe, juste, démocratique, libre et souverain. Alors que les régimes à travers la région sont de plus en plus autocratiques et intolérants devant la contestation et la critique, les artistes et intellectuels trouvent un refuge chaleureux dans leur engagement pour la révolution palestinienne. La production culturelle est alors prolifique : expositions, projections de films, publications, et concerts abondent.

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L’une des tragédies de la condition d’apatride est l’impossibilité d’établir et d’administrer des archives appropriées. Qalaq a la prévoyance d’un visionnaire en collectant les affiches produites à Beyrouth, Damas et en Europe. Sa collection représente un recensement unique et vibrant de la façon dont les Palestiniens se voyaient eux-mêmes autrefois : dignes, souverains et beaux ; des hommes et des femmes en couleur et en poésie, défiant un monde qui leur refuse le simple fait d’exister. Qui aurait pu croire que de la misère blafarde des camps de réfugiés trempés de boue, aux toits en tôle, s’élèveraient un tel rayonnement, un tel lyrisme et une telle créativité pour inverser le cours de l’histoire ?

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Cette projection virtuelle a été inspirée par une exposition que l’on m’avait invitée à organiser en 2008, intitulée « Affiches de la Révolution palestinienne – La collection Ezzeddine Kalak ». Elle s’intégrait dans MASARAT Palestine, saison artistique et culturelle dans la communauté française de Wallonie-Bruxelles, une initiative du Commissariat général aux Relations internationales et de la Délégation générale palestinienne à l’Union européenne, en Belgique et au Luxembourg, sous le haut patronage du ministère des Relations internationales, Mahmoud Darwich, et avec le soutien du ministère de la Culture.

Conception et exécution : Les Halles de Shaerbeek, Bruxelles. Affiches de la Révolution palestinienne. La collection Ezzedine Kalak a été recueillie au Mundaneum, centre d’archives et espace d’exposition à Mons, Belgique du 7 novembre au 21 décembre 2008. L’exposition était parrainée par le Commissariat général aux Relations intérieures et la Délégation générale palestinienne à l’Union européenne, en Belgique et au Luxembourg.

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Rasha Salti est auteure et commissaire d’exposition indépendant vivant à Beyrouth. Ses recherches portent sur le cinéma et les arts visuels ; elle écrit régulièrement sur des questions politiques et sociales. En 2010, avec Kristine Khouri, elle initie un projet de recherche à long terme sur l’histoire de l’art moderne dans le monde arabe. (Sources : Marseille Expo


Article traduit et publié par
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